COMMUNIQUÉ
Après les incendies : ne replantons pas dans la précipitation !
COMMUNIQUÉ N°09-2026-
L’un des droits fondamentaux des consommateurs est le droit de vivre dans un environnement sain. À ce titre, la protection de nos forêts et la restauration des espaces sinistrés par les incendies constituent une responsabilité collective.
À la suite des incendies qui ont durement touché nos forêts, l’Association El Aman tient à rappeler que l’urgence ne doit pas conduire à des interventions précipitées susceptibles d’aggraver la situation des zones sinistrées.
Une forêt ravagée par le feu n’est pas nécessairement une forêt morte. Selon l’intensité et la nature de l’incendie, les caractéristiques du milieu et les espèces concernées, une capacité de régénération naturelle peut subsister.
Il est donc essentiel de diagnostiquer, observer et comprendre avant d’intervenir…
L’Association El Aman considère que cette tragédie doit également être l’occasion de repenser notre politique de reboisement et de restauration des espaces forestiers. Il ne s’agit pas simplement de « planter des arbres », mais de mettre en œuvre un véritable plan stratégique de restauration forestière, adapté aux caractéristiques de chaque territoire.
Un tel plan doit notamment tenir compte :
- De la nature et des caractéristiques des sols ;
- De la topographie et de l’état des terrains après l’incendie ;
- Des conditions climatiques actuelles et de leur évolution ;
- De la flore et de la faune locales et de leurs interactions ;
- Du choix d’espèces autochtones et adaptées ;
- De la protection contre l’érosion et de la conservation des sols et de l’eau ;
- De la capacité de régénération naturelle des zones incendiées ;
- Des risques futurs liés notamment aux incendies, à la sécheresse et à la dégradation des écosystèmes ;
- Ainsi que, lorsque cela est pertinent, des besoins économiques et sociaux liés aux produits et services forestiers.
Notre association appelle ainsi à faire de la restauration des zones incendiées un véritable projet national fondé sur la connaissance, la planification, la concertation et l’évaluation scientifique, plutôt qu’une succession d’opérations ponctuelles et improvisées.
Il importe surtout de se garder des décisions dictées par l’émotion, la précipitation, l’excès ou le populisme.
Il ne s’agit nullement de décourager l’action citoyenne, bien au contraire…. La solidarité et la mobilisation bénévoles sont précieuses. Il s’agit de leur donner un cadre, une orientation et une efficacité réels.
Dans les espaces forestiers sinistrés, la restauration doit être guidée par la science et conduite avec l’appui des institutions, des universités, des instituts de recherche et des services spécialisés, en associant les acteurs locaux et la société civile.
Les pouvoirs publics, tant au niveau central que local, ont la responsabilité de veiller à la bonne conduite et à la cohérence de ce projet d’importance majeure. Ils doivent en assurer la planification, la coordination et le suivi, tout en veillant à ce que les interventions sur le terrain soient conformes aux orientations scientifiques et techniques retenues. Ils doivent notamment prévenir et empêcher toute initiative anarchique, improvisée ou dictée par des considérations de circonstance, susceptible de compromettre la régénération naturelle ou les objectifs à long terme de restauration forestière.
Après un incendie, la question ne doit donc pas être uniquement :« Combien d’arbres allons-nous planter ? »
Elle doit être :
« Quelle forêt voulons-nous restaurer, pour quel territoire, avec quelles espèces, selon quelles données scientifiques et pour quels besoins écologiques, sociaux et économiques ? »
Agissons pour nos forêts, mais surtout, agissons de la bonne manière.
Alger, le 03 Septembre 2026
Hacène MENOUAR
Président de l'Association EL-AMAN
