L’Association nationale pour la protection du consommateur « El Aman » a appelé à l’adoption d’une approche scientifique et réfléchie pour la réhabilitation des zones forestières touchées par les incendies. Elle a mis en garde contre le recours à des opérations de reboisement précipitées qui risquent de ne pas respecter les spécificités des écosystèmes et la capacité de régénération naturelle de la forêt.
Dans un communiqué daté du 3 septembre 2026, l’association a affirmé que la protection des forêts et la réhabilitation des zones sinistrées constituent une responsabilité collective, le droit de vivre dans un environnement sain étant un droit fondamental des consommateurs. Elle a souligné que la gravité des dégâts ne doit pas inciter à la précipitation dans la prise de mesures qui pourraient s’avérer contre-productives à long terme.
« El Aman » a expliqué qu’une forêt ravagée par le feu n’est pas nécessairement une « forêt morte », car elle peut conserver sa capacité de régénération naturelle selon les caractéristiques de la région et les espèces végétales et animales qui s’y trouvent. De ce fait, elle estime que le diagnostic, l’observation et la compréhension doivent précéder toute intervention, afin de déterminer la nature des dommages et les besoins spécifiques de chaque zone.
L’association considère que les dégâts causés par les incendies offrent l’opportunité de repenser les politiques de reboisement et de réhabilitation des espaces forestiers. Il ne s’agit pas simplement de « planter des arbres », mais de mettre en place un véritable plan stratégique prenant en compte l’écosystème local.
Dans ce contexte, « El Aman » a proposé que tout plan de réhabilitation s’appuie sur une série de critères :
- La nature et les caractéristiques du sol, la topographie et l’état du terrain après l’incendie.
- Les conditions climatiques actuelles et leurs évolutions futures.
- Les caractéristiques de la faune et de la flore locales ainsi que leurs interactions.
- Le choix d’espèces locales adaptées, la protection des sols contre l’érosion et la préservation des ressources en eau.
- L’évaluation de la capacité de régénération naturelle et des risques futurs (sécheresse, incendies).
- Les besoins socio-économiques liés aux produits et services forestiers.
L’association a prôné de faire de cette réhabilitation un véritable projet national fondé sur la connaissance, la planification, la concertation et l’évaluation scientifique, plutôt qu’une suite d’initiatives ponctuelles et improvisées. Elle a insisté sur l’implication des universités, des centres de recherche, des services techniques, des acteurs locaux et de la société civile.
En outre, « El Aman » a précisé que cet appel à une approche scientifique ne vise pas à sous-estimer le bénévolat et les initiatives citoyennes, mais à leur offrir le cadre et l’orientation nécessaires pour garantir leur efficacité.
Enfin, l’association a fait porter aux autorités publiques la responsabilité d’assurer la planification, la coordination et le suivi du projet, avertissant contre toute action anarchique pouvant entraver la régénération naturelle. Elle a conclu en soulignant que la question post-incendie ne doit pas être « Combien d’arbres allons-nous planter ? », mais plutôt de déterminer quel type de forêt nous voulons reconstruire et selon quelles données scientifiques.

