Dossier routier : les accidents, l’entretien et le parc automobile sous la loupe

Les accidents de la route ne sont plus de simples chiffres répétés dans les bilans quotidiens ; ils se sont transformés en un dossier national qui s’impose avec force, en particulier à la suite de la tragédie qui a secoué les Algériens dans la wilaya de Boumerdès et des appels au réformes globales du système de sécurité routière qui l’ont suivie.

Entre la persistance des accidents, la poursuite des chantiers d’entretien et de développement du réseau routier, et la montée des revendications pour le renouvellement du parc de transport et le renforcement de la prévention, les interrogations resurgissent quant à la réalité des routes en Algérie et aux solutions susceptibles de stopper l’hémorragie humaine.

Dans ce dossier, « ASSAWT EL AKHAR » (L’Autre Voix) aborde les principales questions liées au réseau routier, depuis les accidents et l’entretien jusqu’aux préoccupations des professionnels et aux propositions soumises pour bâtir un système de transport plus sûr.

Drame de Boumerdès et poursuite de l’hémorragie routière : le syndicat des transporteurs porte les préoccupations des professionnels devant le Président de la République

Dans le sillage des accidents tragiques survenus sur les routes algériennes, dont le dernier drame routier enregistré dans la wilaya de Boumerdès, le Syndicat National des Transporteurs par Taxis (SNTT) a adressé un appel au Président de la République, Abdelmadjid Tebboune. Cet appel comprend une série de préoccupations et de propositions relatives à la situation du secteur du transport terrestre et au renforcement de la sécurité routière.

Le syndicat a affirmé dans un communiqué que le secteur du transport terrestre, dans ses différents modes, « a atteint un stade délicat nécessitant des décisions exceptionnelles à la hauteur des défis ». Il a souligné que les accidents de la circulation ne sont plus de simples chiffres statistiques, mais « causent des pertes humaines et matérielles et impactent la vie des citoyens comme celle des professionnels ».

Le syndicat a appelé à « l’ouverture urgente et organisée de l’importation des moyens de production propres au secteur du transport terrestre », notamment les autobus destinés au transport de voyageurs, les taxis et les camions de transport de marchandises, en plus des pièces de rechange d’origine, des pneumatiques et des équipements techniques nécessaires pour garantir la sécurité des véhicules et la continuité de leur activité.

L’organisation a estimé que ces demandes « ne représentent pas des privilèges pour une catégorie professionnelle, mais constituent des piliers essentiels pour protéger les vies, améliorer le service public, renouveler le parc national et élever le niveau de sécurité routière ».

Le syndicat a expliqué que plusieurs transporteurs font face à des difficultés liées à la vétusté du parc et à l’absence de certains moyens professionnels adéquats, affirmant que l’amélioration des conditions de travail et la fourniture d’équipements modernes contribuent à la construction d’un système de transport plus sûr et plus efficace.

Dans le même contexte, le syndicat a annoncé son soutien à l’application stricte du nouveau code de la route 26-09, le considérant comme « un cadre juridique évolué de nature à contribuer à l’instauration d’un système de transport plus discipliné et plus sûr », tout en insistant sur l’importance d’accompagner son application par des campagnes de sensibilisation au profit des citoyens et des professionnels.

Le SNTT a souligné que la phase actuelle « ne nécessite pas la création de commissions supplémentaires ou le rallongement des délais d’étude des dossiers », appelant à passer à des mesures pratiques axées sur le renouvellement du parc, la fourniture des moyens de travail et le renforcement de la culture de la sécurité routière.

L’organisation a réaffirmé sa disposition à « contribuer à tout projet de réforme au service du pays et du citoyen », en s’appuyant sur son expérience du terrain et son contact quotidien avec les préoccupations des professionnels du transport.

Ces revendications interviennent alors que le débat sur la sécurité routière se poursuit en Algérie, dans un contexte de hausse des accidents et des dégâts humains qu’ils engendrent, ce qui réaffirme la nécessité d’adopter une approche globale combinant prévention, amélioration des conditions de transport, application des lois et mise à disposition de véhicules plus sûrs.

Le ministère des Travaux publics l’affirme : les chantiers de développement et d’entretien du réseau routier se poursuivent à travers différentes wilayas

Le ministère des Travaux publics et des Infrastructures de base a annoncé que « les travaux de développement, d’entretien et de modernisation du réseau routier et des infrastructures de base se poursuivent dans plusieurs wilayas du pays dans le cadre du programme de l’année 2026, afin d’améliorer les conditions de transport et de déplacement et de renvoyer la sécurité routière ».

Le ministère a précisé que ces opérations concernent les wilayas de Béchar, Skikda, Oran, Adrar, In Guezzam, Bordj Bou Arreridj, El Meniaa, Mila, Bouira, El Bayadh et El Tarf. Elles portent sur l’entretien des routes, le renforcement des tronçons endommagés, ainsi que la réalisation et l’élargissement de plusieurs ouvrages d’art.

À Béchar, les travaux de réalisation et d’élargissement de plusieurs ponts se poursuivent. Le projet du pont de Oued Boukais, endommagé par les récentes inondations, connaît un état d’avancement élevé. On note également la poursuite des travaux du nouveau pont de Tankrouda, l’élargissement du pont de Ghrassa par la réalisation d’un pont parallèle de 100 mètres, ainsi que la préparation du lancement des travaux d’élargissement du pont « Ba Zaïd ».

Dans la wilaya de Skikda, les travaux d’entretien de la route de wilaya (CW 06) entre les communes de Djendel Saadi Mohamed et Ben Azzouz se poursuivent sur 8,3 km, en plus du projet d’entretien de la route nationale (RN 43) entre El Hadaiek et Bouchtata, et du renforcement de la RN 44 entre Boumaiza et les limites de la wilaya d’Annaba. Les travaux comprennent le terrassement, le remblayage, le rabotage de l’ancienne couche de roulement et la pose de béton bitumineux.

À Oran, les travaux de renforcement de la RN 11 entre Oran et les limites de la wilaya de Mostaganem se poursuivent sur 18,9 km, parallèlement à la maintenance continue des routes de wilaya. Dans la wilaya d’Adrar, les travaux de modernisation de la RN 1 sur le tronçon reliant Adrar à Aoulef se poursuivent sur 40 km.

Les travaux dans la wilaya d’In Guezzam incluent la poursuite de la construction de la nouvelle piste d’atterrissage à Tin Zaouatine, l’achèvement de ses accotements et de la clôture extérieure, ainsi que le bitumage du parking d’avions de l’aéroport d’In Guezzam.

Les opérations d’entretien se poursuivent également dans les wilayas de Bordj Bou Arreridj, El Meniaa, Mila, Bouira, El Bayadh et El Tarf, englobant le renforcement des routes nationales et de wilaya, le traitement des tronçons dégradés et la réalisation d’ouvrages d’art dans le cadre du programme tracé pour le développement du réseau national.

Concernant l’autoroute Est-Ouest, le ministère a confirmé que « les travaux d’entretien et de réhabilitation de plusieurs tronçons classés comme points nécessitant une intervention périodique se poursuivent, afin de préserver la pérennité du réseau autoroutier et des ouvrages d’art, et de renforcer la sécurité des usagers ».

Selon la même source, ces travaux comprennent la réhabilitation des joints de chaussée au niveau de l’autoroute A2 dans la région de Lakhdaria en direction d’Alger, la finalisation des travaux de réhabilitation des joints sur l’autoroute A3 dans la zone de Oued Djer en direction d’Oran, ainsi que la poursuite des interventions d’entretien à Souidania, Aïn Defla et dans la zone de Djebahia.

Le ministère a ajouté que « ces interventions s’inscrivent dans le cadre du programme d’entretien périodique visant à maintenir la viabilité du réseau autoroutier, à prolonger la durée de vie des ouvrages d’art et à assurer la fluidité du trafic dans les meilleures conditions ».

Ces chantiers se poursuivent dans différentes wilayas du pays dans le cadre des efforts de développement des infrastructures routières et d’amélioration des services de transport et de mobilité.

Hacène Menouar, président de l’association « AMAN », au journal ASSAWT EL AKHAR : Nous avons besoin d’une feuille de route nationale pour faire face au « terrorisme routier »

Le président de l’association « AMAN » pour la protection des consommateurs, Hacène Menouar, a affirmé que le traitement du phénomène des accidents de la circulation en Algérie exige de passer à une approche globale basée sur la prévention, la formation et l’amélioration des infrastructures. Il a insisté sur la nécessité d’établir une feuille de route nationale contenant des solutions pratiques pour faire face à ce qu’il a qualifié de « terrorisme routier ».

Hacène Menouar a expliqué dans une déclaration à « ASSAWT AL AKHAR » que « les accidents de la route ne sont plus de simples événements conjoncturels, mais sont devenus un problème national exigeant la concertation des efforts des différents secteurs et l’adoption d’une vision intégrée pour réduire les pertes humaines et matérielles ».

Le président de l’association AMAN a révélé que la vision proposée repose sur dix axes stratégiques, incluant l’éducation et la sensibilisation, l’apprentissage de la conduite et la formation, la gouvernance et les institutions, les routes et infrastructures, ainsi que les véhicules et équipements.

Il a ajouté que ces axes englobent également « l’amélioration des pratiques des conducteurs, l’encouragement de l’utilisation de la technologie et de l’innovation dans le domaine de la sécurité routière, en plus du développement du cadre juridique et du renforcement des mécanismes de suivi et d’évaluation ».

M. Menouar a indiqué que le traitement du phénomène ne peut se limiter à l’aspect répressif uniquement, expliquant que « la loi seule ne suffit pas si elle n’est pas accompagnée d’une véritable formation des conducteurs, de l’amélioration de l’état du parc automobile et du traitement des points noirs sur le réseau routier ».

Concernant les infrastructures, le président de l’association AMAN a appelé à poursuivre les efforts d’entretien des routes et des infrastructures, estimant qu’« une route sûre, un véhicule en bon état et un conducteur qualifié forment un système unique dont on ne peut séparer les éléments ».

Il a également souligné l’importance de développer le transport collectif et de diversifier les modes de déplacement, considérant cela comme l’une des solutions susceptibles d’alléger la pression sur le réseau routier et de réduire les facteurs de risque.

Les déclarations du président de l’association interviennent dans le contexte de l’intensification du débat sur la sécurité routière en Algérie, après l’enregistrement de plusieurs accidents tragiques, sur fond d’appels à renforcer la prévention et à adopter des solutions à long terme pour mettre fin à l’hémorragie routière.

Hacène Menouar a appelé à impliquer les différents acteurs, issus des secteurs gouvernementaux, des organismes spécialisés, des associations et des professionnels, afin de bâtir un système national de sécurité routière fondé sur l’anticipation, la prévention et la protection de la vie des usagers de la route.

4 morts et 10 blessés dans des accidents de la circulation dispersés à travers plusieurs wilayas

Les services de la Protection civile ont enregistré, dimanche matin, un nouveau bilan des victimes d’accidents de la circulation, à la suite d’accidents survenus dans plusieurs wilayas du pays, faisant quatre morts et dix blessés à différents degrés de gravité.

Selon un communiqué de la Protection civile, une personne âgée de 39 ans a trouvé la mort dans un accident de la route dans la wilaya de Mila, à la suite d’une collision entre un autobus de transport de voyageurs à vide et un semi-remorque sur l’autoroute Est-Ouest en direction de Sétif, précisément au point kilométrique 134, dans la commune de Chelghoum Laïd.

La même source a ajouté que l’accident a également fait deux blessés âgés de 40 et 56 ans. Les équipes de la Protection civile sont intervenues pour leur porter secours et les évacuer vers l’hôpital de Oued Athmania afin d’y recevoir les soins nécessaires.

Dans la wilaya de Jijel, un homme âgé de 76 ans est décédé sur le coup suite au dérapage et au renversement d’un camion semi-remorque sur la route nationale RN 43 au niveau de la zone d’Afouzar, relevant de la commune d’El Aouana.

La wilaya de M’Sila a également enregistré le décès d’un homme de 69 ans suite au dérapage d’un véhicule particulier qui a percuté un arbre sur la route nationale RN 60 dans la zone de Douar Djnaïdia, commune de Sidi Aïssa.

Dans la wilaya de Guelma, huit personnes ont été blessées à des degrés divers lors d’une collision entre deux véhicules dans la zone de Aïn Tahmimine El Mekfel, relevant de la commune de Medjez Sfa, daira de Bouchegouf. Les équipes de la Protection civile sont intervenues pour secourir les blessés et les transporter vers l’établissement de santé.

Ce bilan quotidien remet sur la table le dossier de la sécurité routière, alors que les pertes humaines et matérielles continuent d’être enregistrées sur les différents axes routiers, s’accompagnant d’appels à renforcer les mesures de prévention, à durcir le contrôle et à améliorer les conditions de transport.

Ayoub Tifour

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