Hacène Menouar, président de l’association El Aman : «La régulation du marché est défaillante»

Le président de l’association El Aman pour la protection des consommateurs, Hacène Menouar a pointé du doigt l’absence de l’État en matière de régulation du marché et de contrôle. Situation qui a ouvert le champ aux spéculateurs qui dictent comme bon leur semble les lois du marché, au détriment du consommateur et de sa santé ainsi que de l’économie nationale.

Massiva Zehraoui – Alger (Le Soir)

L’instabilité chronique qui touche le marché depuis plusieurs mois est, selon Hacène Menouar, le résultat d’une «régulation défaillante», a-t-il estimé jeudi, lors de son intervention à la Radio nationale. «Notre problème aujourd’hui est sans doute que les pouvoirs publics peinent à maîtriser le marché», souligne-t-il. Cette maîtrise commence par une régulation appuyée par des infrastructures de contrôle, dit-il.


La terrible hausse des prix des produits de large consommation, ou encore, les pénuries qui deviennent quasiment chroniques sont des indicateurs qui confirment l’absence totale de régulation. «Nous avons de tout temps appelé à l’instauration d’un système qui permet d’équilibrer entre l’offre et la demande», rappelle-t-il en soulignant la nécessité d’initier une action franche et concrète visant à contrôler le marché.


Hacène Menouar s’étonne du fait qu’un pays qui dispose de ressources naturelles aussi importantes, et de surcroît, ne compte que 45 millions de consommateurs, «n’arrive pas à mettre en place un système de contrôle efficace pour stabiliser son marché». Ce dernier reconnaît que l’État a engagé des mesures drastiques pour remédier à cette tendance, mais «visiblement, les résultats tardent à se matérialiser sur le terrain». Du moins, pas tant qu’on ne disposera pas d’un réseau de distribution professionnel et d’un contrôle déterminant pour la régulation du marché.
L’invité de la radio rappelle dans ce sens que «l’informel représente plus de 50% de notre marché». Un paramètre dont les conséquences s’avèrent fâcheuses, tant au niveau du contrôle de qualité sur les produits proposés aux consommateurs et par conséquent sur la santé des citoyens, qu’au niveau de l’économie nationale qui n’en tire aucun profit, a-t-il expliqué.
Hacène Menouar affirme pourtant que son association, en coordination avec des experts de renom, a pu faire une série de propositions qui permettraient, sans nul doute, d’aider à stabiliser le marché. Concernant la problématique liée à l’informel, l’intervenant préconise «la réalisation de marchés de gros et de marchés de proximité et y intégrer les marchands informels afin de contenir justement le marché de l’informel».


Il plaide, dans le même registre, pour la réalisation des espaces d’entreposage, ou encore de l’élaboration d’une carte agricole pour la production de quantités suffisantes pour la consommation des Algériens. Il appelle aussi à la mise en place d’un système de traçabilité efficace pour faire barrage aux lobbies qui imposent leurs lois sur le marché. «Tant que ces ingrédients ne seront pas réunis, on ne peut aspirer à rétablir l’équilibre», souligne-t-il. Le représentant de l’association Aman a également souhaité que l’État favorise un climat qui privilégie la concurrence loyale.


D’autre part, il est aussi important, poursuit Hacène Menouar, d’inculquer aux citoyens une bonne culture de la consommation. Il relève, à ce titre, que souvent, les consommateurs entretiennent, sans le savoir, les crises. «Beaucoup se plaignent de la hausse excessive des prix de certains produits mais continuent quand même de les acheter, à l’image de la banane et de la pomme de terre», fait-il remarquer.


Hacène Menouar invite, dans ce contexte, les citoyens à s’initier à la culture du boycott, surtout s’ils peuvent se passer des produits en question, ce qui est généralement le cas. Cela empêchera «les parties douteuses et autres intermédiaires de spéculer».


Le président de l’association El Aman estime aussi que tous les éléments cités exigent de nous, aujourd’hui, un changement radical de la politique de gestion de tout ce qui est commerce, industrie, agroalimentaire et agriculture. Pour le consommateur :

« il est question de changer de comportement et mieux répartir la composition des repas et de leurs fréquences».

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