Boissons Énergisantes «Il faut taxer fortement ces produits afin de décourager leur consommation abusive» -Par Hacène Menouar , Président de l’association EL AMAN

De plus en plus d’enfants consomment les boissons énergisantes, ce qui n’est pas sans risque sur leur santé.

Existe-t-il une loi qui interdirait de leur vendre ces produits ?

Il faut savoir que toutes ces boissons énergisantes, comme toutes les autres boissons «artificielles» sont un danger pour la santé publique, surtout lorsqu’il s’agit d’enfants ou de personnes vulnérables, dont la santé est fragile. Ces boissons contiennent des ingrédients excitants, comme la caféine. Normalement, ces produits relèvent du domaine de la médecine et de la pharmacie. Malheureusement, ils sont actuellement inscrits dans le domaine des produits alimentaires. Et c’est justement cela qui permet à tout le monde, grands et petits, de les acheter dans des épiceries, des supérettes, des bureaux de tabac ou encore dans des stations de services. Leur consommation étant en forte augmentation, et ce, dans le monde entier, reste inquiétante. Toutefois, il faut signaler qu’ailleurs, un travail de sensibilisation et de réglementation, concernant la commercialisation de ces produits, a permis de réguler la situation. Pour l’heure, il n’existe pas encore chez nous une loi qui interdirait la commercialisation de ces boissons. Par contre, il existe la loi de l’étiquetage qui peut s’avérer utile concernant ce type de produit. Celle-ci oblige les opérateurs économiques, qu’ils soient producteurs ou importateurs, à porter toutes les informations utiles sur l’étiquetage.

N’ayant malheureusement pas cette culture de lire la composition des produits avant de les acheter et les consommer, les gens les consomment avec abus, jusqu’à 3 fois par jour pour certains, pensant que cela va les aider dans leurs révisions par exemple.

Quelles sont vos propositions afin de stopper ce phénomène ?

En tant qu’association, on estime que ces produits doivent être mieux réglementés et considérés comme compléments alimentaires qui ne se vendraient que sur autorisation du ministère de la Santé. A titre d’exemple, on propose que ces produits, qu’ils soient produits en Algérie ou importés, doivent porter un numéro d’autorisation du ministère de la Santé, et ce, pour plusieurs raisons. D’abord, dissuader les importateurs et les producteurs mais aussi pour rendre leur commercialisation plus stricte. Cependant, le plus grand travail devrait se faire au niveau des foyers. Les parents doivent avoir plus de maîtrise par rapport à la consommation alimentaire de leurs enfants. Ils peuvent par exemple contrôler l’argent de poche et ce qu’ils en font. Car n’oublions pas que, d’une manière générale, l’argent avec lequel les adolescents se permettent d’acheter ces boissons et parfois des cigarettes, est donné par les parents. C’est pourquoi, il faut qu’il y ait un meilleur contrôle. De plus, la sensibilisation à tous les niveaux reste très importante. Il faut inculquer une culture de consommation saine et équilibrée. Il faut aussi interdire la vente de ces boissons dans les supérettes. Les retrouver dans les mêmes étalages que les autres boissons est trompeur. Il devrait y avoir une différence entre les deux. Enfin, on recommande de taxer ces produits de manière à freiner leur consommation abusive.

Qu’en est-il de la commercialisation de ces boissons dans les salles de sport ?

La commercialisation de ces boissons dans les salles de sport est anormale, voire grave. Cela porte une réelle atteinte à la santé publique. Ces dernières années, nous avons constaté une hausse dans les décès chez les personnes sportives et cela serait dû à une consommation abusive de compléments alimentaires ainsi que ces boissons. Il faut savoir que la consommation de ce type de produit n’est absolument pas recommandée pour les sportifs. C’est pourquoi, il est important d’intensifier le contrôle dans ces salles de sport et de déterminer si elles ont réellement le droit de vendre ces boissons dans des frigos présentoirs.

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