Enjeu stratégique pour l’Algérie, la maîtrise de l’énergie est l’affaire de tous. L’association nationale El-Aman pour la protection des consommateurs s’implique à travers l’élaboration d’une feuille de route pragmatique qui s’articule autour de dix axes majeurs. A travers cette contribution soumise à l’appréciation des pouvoirs publics, l’association veut s’impliquer dans la mise en place d’une politique nationale de maîtrise de l’énergie et de performance énergétique, soulignant sa disponibilité à participer à toute démarche des pouvoirs publics.
Ayant constaté que les efforts engagés en faveur de la maîtrise de l’énergie n’ont pas permis d’atteindre les objectifs fixés et restent en deçà des ambitions affichées, l’association El-Aman veut apporter sa contribution. Mettant en avant la politique volontariste en faveur de la maîtrise de l’énergie et de la transition énergétique, engagée par l’Algérie en vue de promouvoir une utilisation plus rationnelle de l’énergie, l’association estime que cette démarche n’a pas pu atteindre les objectifs fixés.
« Les résultats obtenus demeurent encore en deçà des ambitions affichées et des moyens mobilisés », a indiqué l’association, précisant que les économies d’énergie réalisées restent « modestes » par rapport au potentiel national, tandis que plusieurs programmes pilotes tardent à être concrétisés ou généralisés.
Au-delà de sa mission de sensibilisation, l’association de protection des consommateurs a décidé cette fois ci de jouer sa carte de force de proposition et partenaire des pouvoirs publics, et ce en soumettant des recommandations dans le but de contribuer à la mise en place d’une politique nationale de maîtrise de l’énergie et de la performance énergétique. Cela passe, selon El-Aman, par l’adoption de mesures clés, mais surtout avec l’implication de tous les acteurs et la contribution de toutes les parties prenantes.
Il s’agit de renforcer la gouvernance nationale de la maîtrise de l’énergie et coordonner entre les secteurs concernés, de faire de la performance énergétique une exigence réglementaire dans les permis de construire, les projets publics et les cahiers des charges des grands maîtres d’ouvrage.
L’association préconise ainsi la généralisation de l’architecture bioclimatique, l’isolation thermique, les matériaux performants et la rénovation énergétique des bâtiments. Il est aussi question de la modernisation des réseaux d’éclairage public grâce au LED, à la télégestion, aux audits et aux programmes de maintenance, en plus de l’accélération du développement des énergies renouvelables, des réseaux intelligents et des capacités de stockage.
L’association a aussi souligné la nécessité d’encourager l’utilisation d’équipements et de systèmes à haute efficacité énergétique, notamment dans les secteurs résidentiel, tertiaire, agricole et industriel, ainsi que le développement d’une culture nationale de la maîtrise de l’énergie à travers l’école, l’université, la formation professionnelle, les mosquées, les médias et la société civile
Selon El-Aman, il est aussi essentiel de faire de l’Etat un acteur exemplaire en matière de performance énergétique des bâtiments et équipements publics, alors que la mise en place des mécanismes d’incitation, de reconnaissance et de responsabilisation, notamment par l’instauration d’un Prix national de la haute performance énergétique est requise. L’association recommande enfin l’instauration d’un suivi permanent des politiques publiques au moyen d’indicateurs de performance, d’évaluations régulières et d’une communication transparente sur les résultats obtenus.
La maîtrise de l’énergie, une priorité nationale
C’est un changement d’approche qui est ainsi recommandé par l’association, selon laquelle il est nécessaire de « passer progressivement d’une logique de moyens à une logique de résultats, fondée sur des objectifs mesurables, des indicateurs de performance, des évaluations périodiques et une meilleure coordination entre les différents secteurs concernés ».
Soulignant le fait que l’énergie constitue un enjeu majeur de souveraineté nationale, l’association estime que la préservation et la valorisation rationnelle des ressources énergétiques « conditionnent le développement économique, la sécurité énergétique et la protection des intérêts des générations futures ».
La maîtrise de l’énergie, selon El-Aman, ne peut plus être considérée comme une simple politique sectorielle. Elle doit devenir une priorité nationale, mobilisant l’ensemble des institutions, des acteurs économiques, des collectivités territoriales, des universités, des médias, de la société civile et des citoyens.
Evoquant ses efforts à travers les multiples actions de sensibilisation, de contributions techniques et les travaux de concertation avec des experts de différents domaines, l’association El-Aman réitère sa disponibilité pour participer, aux côtés des institutions de la République, à toute démarche de concertation, de réflexion ou d’expertise visant à renforcer la politique nationale de maîtrise de l’énergie et d’efficacité énergétique, et ce dans le seul intérêt de la nation.




