Sécurité routière en Algérie : Le cri d’alarme de Hacène Menouar face à une « hécatombe évitable »
Face à la recrudescence des accidents de la route en Algérie, Hacène Menouar, président de l’association Aman, appelle à une réforme radicale du système. Entre défaillances de la formation, manque de surveillance technique et déficit d’éducation, le constat est sans appel : il est urgent d’agir pour protéger les vies humaines et l’image du pays.
Un constat alarmant : des chiffres « hors normes »
L’Algérie enregistre chaque année des milliers de décès et des dizaines de milliers de blessés sur ses routes . Pour Hacène Menouar, cette situation est d’autant plus inacceptable que ces accidents sont pour la plupart évitables. Au-delà du drame humain, il souligne l’impact économique colossal (coûts des assurances, pertes de productivité) et l’atteinte à l’image de marque de l’Algérie, un pays qui aspire à devenir une destination touristique et économique de premier plan .
Le permis de conduire : un système à réformer
L’un des points les plus critiques soulevés lors de l’entretien concerne la formation des conducteurs. M. Menouar dénonce un système d’auto-écoles « archaïque et caduc », dont le programme n’a pas évolué depuis 30 ans, alors que les véhicules sont devenus plus puissants et les infrastructures (autoroutes) plus complexes .
Il va plus loin en pointant du doigt la facilité déconcertante avec laquelle le précieux sésame est parfois obtenu, évoquant même des cas d’achat de permis . Parmi ses propositions phares :
-
Relever l’âge légal pour l’obtention du permis de conduire, estimant qu’à 18 ans, la maturité et le sens des responsabilités sont souvent insuffisants.
-
Spécialiser la formation pour les conducteurs de poids lourds et de bus, avec des examens psychotechniques réguliers .
-
Instaurer la conduite accompagnée pour permettre aux nouveaux conducteurs d’acquérir de l’expérience sous supervision .
Infrastructures et surveillance : l’ère de l’intelligence artificielle
Si l’Algérie dispose d’un réseau routier important, de nombreuses lacunes subsistent. M. Menouar pointe des erreurs de conception (virages mal tracés, pentes trop fortes) et une signalisation horizontale (peintures non réfléchissantes) souvent défaillante .
Pour pallier l’agressivité au volant, il préconise un passage massif à la surveillance électronique :
-
Installation de radars fixes et de caméras dans les « points noirs » accidentogènes .
-
Utilisation de drones et de la surveillance aérienne pour dissuader les comportements dangereux .
-
Répression stricte des infractions, car « le conducteur ne se discipline que lorsqu’il se sent surveillé » .
L’éducation et la société civile comme derniers remparts
Pour le président de l’association Aman, la solution ne peut être uniquement technique ou policière. Elle doit être sociétale. Il appelle à :
-
L’école : Intégrer une véritable « sensibilité à la sécurité » dès le primaire, plutôt que d’enseigner des notions administratives abstraites .
-
La Mosquée : Utiliser le prêche du vendredi comme canal de sensibilisation permanent sur les dangers de la route et le respect de la vie d’autrui .
-
L’élite et les experts : Un appel est lancé aux chercheurs et universitaires pour qu’ils proposent des solutions concrètes basées sur des études d’accidentologie locales .
Conclusion : Objectif 1000 vies sauvées
En conclusion, Hacène Menouar lance un défi collectif pour l’année 2026 : réduire le nombre de décès de 1000 cas par an . Un objectif qui nécessite l’implication de tous, y compris des citoyens invités à dénoncer les comportements dangereux via les réseaux sociaux pour instaurer une culture de la responsabilité.
« On ne peut pas rester comme ça à compter les morts chaque jour. Il est temps de dire Basta ! » .


