Rentrée scolaire 2024-2025 : Entre pouvoir d’achat, sécurité sanitaire et souveraineté culturelle

 Emission LaƐwanser  du  14.09.2025

invités  :

Mr Hacène Menouar de L’association nationale El Aman pour la protection des consommateurs, 

et

Mme Khoudi Mlika, direction du commerce de la Wilaya de Boumerdes .

Présenté par : Djamila Louani

 

La bataille des prix : le succès des circuits courts

Pour contrer l’érosion du pouvoir d’achat, les autorités ont multiplié cette année les foires de proximité. Ces espaces, comme celui de la place du 1er Mai à Alger, permettent une rencontre directe entre le producteur et le citoyen. Les résultats sont palpables : des remises allant de 20 % à 50 % par rapport aux commerces classiques.

Pour M. Menouar, l’enjeu est clair : il s’agit de court-circuiter les intermédiaires pour protéger le budget des ménages. « Le but de ces foires de proximité est de voir les prix directement chez le producteur ou l’artisan avant d’acheter », souligne-t-il, incitant les parents à adopter une démarche de comparaison et de vigilance.

Sécurité sanitaire : au-delà du prix, la santé

Si le prix est souvent le premier critère d’achat, la sécurité des produits reste la priorité absolue des régulateurs. Les fournitures scolaires (colles, plastiques, crayons de couleur) sont des produits chimiques qui entrent en contact direct avec l’enfant.

M. Menouar rappelle avec fermeté que la conformité n’est pas une option :

« Il faut contrôler la toxicité… il y a une exigence réglementaire sur chaque produit, comme une fiche produit. »

Il insiste également sur la responsabilité partagée : si l’État assure le contrôle externe, l’opérateur économique doit être le premier rempart via un contrôle interne rigoureux pour garantir que les matières utilisées ne sont pas toxiques.

Pour une « Algérianisation » des cartables

L’un des points les plus marquants de cette rentrée est le plaidoyer pour une souveraineté culturelle à travers les fournitures scolaires. M. Menouar regrette l’omniprésence de symboles et de figures étrangères sur les couvertures des cahiers, au détriment de l’identité nationale.

Il propose une alternative éducative forte :

« On doit remplacer les photos des artistes, des acteurs et des footballeurs par des messages éducatifs… On devrait y mettre nos savants, nos oulémas, nos hommes de culture et d’histoire. »

Cette vision vise non seulement à protéger les enfants contre des symboles inappropriés (signes religieux ou politiques étrangers), mais aussi à transformer chaque objet scolaire en un vecteur de savoir et de fierté nationale.

Vers une consommation circulaire et citoyenne

Enfin, l’appel est lancé pour une rentrée plus écologique et moins coûteuse. La culture de la « récupération » gagne du terrain. Réutiliser un cartable de l’année précédente ou des articles encore en bon état ne doit plus être perçu comme un manque de moyens, mais comme un acte de gestion intelligente.

« L’économie, c’est aussi la culture de la récupération et de la réutilisation », conclut M. Menouar. En somme, la rentrée 2024-2025 se dessine comme une opportunité de réformer le modèle de consommation algérien : plus sûr, plus local et plus conscient de son identité.

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