Ramadhan 2026 : produits disponibles et achats raisonnés

Ramadan 2026 : Le défi de l’équilibre entre régulation étatique et conscience citoyenne

À l’approche du mois sacré, le débat s’intensifie autour de la disponibilité des produits de large consommation et de la stabilité des prix. Sur le plateau de l’émission « Vision », experts et responsables ont croisé leurs analyses pour dresser une feuille de route du Ramadan 2026 : si l’État garantit l’approvisionnement, la clé de la réussite repose désormais sur un changement radical des habitudes de consommation.


1. Dr Mokrane Nouad : « Rompre avec la psychose de la pénurie »

Pour le Dr Mokrane Nouad, expert en agroalimentaire, et membre du bureau national de l’Association EL AMAN pour la protection des consommateurs, le problème majeur du Ramadan n’est pas structurel, mais comportemental. Il dénonce une « fièvre acheteuse orchestrée » par un effet psychologique de masse. Selon lui, le stress sur les marchés est souvent provoqué par l’annonce trop précoce de l’événement, poussant les citoyens à un stockage inutile.

Le Dr Nouad a particulièrement marqué les esprits en abordant la question du gaspillage alimentaire. Il rappelle qu’en Algérie, environ 3 millions de baguettes de pain finissent à la poubelle chaque jour durant ce mois. Au-delà de l’aspect financier, il souligne le coût écologique : chaque baguette représente 200 litres d’eau et un travail agricole colossal. Son plaidoyer est clair : il faut revenir à une « normalité » de consommation, le Ramadan devant rester un mois de piété et de sobriété, et non de démesure.

2. M. Houcine Moumen : L’anticipation logistique sur le terrain

Représentant le ministère du Commerce, M. Houcine Moumen a tenu à rassurer sur la préparation technique. Le travail de régulation a débuté dès le mois de décembre. L’objectif est de saturer l’offre pour casser la spéculation.

Le fer de lance de cette stratégie est le déploiement de 559 marchés de proximité (ou marchés de la « Rahma ») à travers tout le territoire national, impliquant plus de 7 000 opérateurs. Le concept est simple : court-circuiter les intermédiaires en mettant directement les producteurs et importateurs face aux consommateurs. Pour les zones enclavées et le Grand Sud, des caravanes mobiles ont été mobilisées pour garantir que chaque citoyen, où qu’il soit, puisse accéder aux produits de base à des prix encadrés.

3. M. Abderrahmane Hadef : La solidarité sociale sous un angle stratégique

L’économiste Abderrahmane Hadef a replacé le débat dans un cadre macroéconomique. Il rappelle que l’État algérien maintient son caractère social avec plus de 40 milliards de dollars de transferts sociaux prévus dans la loi de finances.

Selon M. Hadef, tous les leviers sont actionnés :

  • Production nationale : Plusieurs filières agroalimentaires sont aujourd’hui en surcapacité, garantissant une offre abondante.

  • Législation : La loi contre la spéculation agit comme un garde-fou nécessaire pour protéger le pouvoir d’achat.

  • Modernisation : L’utilisation du numérique permet désormais un suivi en temps réel des stocks, évitant les ruptures brutales qui alimentaient autrefois l’anxiété des ménages.


Conclusion : Vers un nouveau contrat social de consommation

L’enseignement majeur de ce plateau télévisé est que la bataille du Ramadan 2026 ne se gagnera pas uniquement dans les bureaux du ministère ou dans les entrepôts. Si l’État a rempli sa part du contrat en assurant la disponibilité et la proximité, la balle est désormais dans le camp du citoyen.

La réussite de ce mois sacré dépendra de la capacité des ménages à transformer leur « vision » du marché : passer d’un achat compulsif de survie à un achat responsable et citoyen. Comme l’ont souligné les experts, la stabilité des prix est la résultante directe d’une demande modérée et d’un refus collectif du gaspillage.

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