Service public du 18/01/2026 Thème : La préservation du tourisme saharien Invités :
- M. Menouar Hassan, Président de l’Association Al-aman pour la protection des consommateurs
- Mme Rym Hamidache, Cheffe de cuisine
Présenté par : Soraya Bouatba
Le Tourisme Saharien : Concilier Investissement, Authenticité et Préservation
Dans un récent numéro de l’émission « Service Public », des experts et investisseurs se sont réunis pour débattre de l’avenir du tourisme dans le Sud algérien. Entre préservation de la nature et impératifs économiques, les intervenants ont tracé une feuille de route pour une exploitation intelligente de ce patrimoine unique.
Les Arguments de M. Menouar (Président de l’association EL AMAN et Architecte)
- Menouar a apporté une double expertise, à la fois sur la protection du consommateur et sur l’urbanisme local. Ses arguments principaux se concentrent sur la durabilité et l’identité :
- Vers un tourisme d’expérience plutôt que de masse : Il plaide pour un modèle basé sur la découverte et l’immersion. Selon lui, le touriste ne vient pas seulement pour le sable, mais pour une expérience culturelle unique. Il préfère le modèle des maisons d’hôtes (15-20 personnes) aux grands complexes hôteliers de 160 lits, qui risquent d’imposer un « dictat » aux populations locales.
- Respect de l’architecture et des matériaux locaux : En tant qu’architecte, il critique l’utilisation de matériaux modernes inadaptés (béton, vitres, alucobond) dans le Sud. Il appelle à revenir aux briques de terre et à la pierre, offrant une climatisation naturelle et une esthétique fidèle à l’identité régionale.
- Décentralisation des normes : Il suggère que chaque wilaya saharienne (Timimoun, Béchar, Djanet, etc.) ait son propre cahier des charges d’urbanisme spécifique, plutôt qu’une réglementation centralisée et uniforme.
- Le tourisme comme relai de croissance : Face à la baisse future des ressources pétrolières, il considère le tourisme et l’agriculture comme les piliers de l’économie algérienne de 2030.
Les témoignages et visions des autres invités
Fida Messayli (Propriétaire de maisons d’hôtes à Timimoun)
Investisseuse passionnée, elle a partagé son expérience concrète sur le terrain :
- Valorisation du patrimoine : Elle a insisté sur le respect scrupuleux de l’architecture locale et l’intégration des artisans de la région dans la décoration et la construction (utilisation du palmier, tissus locaux)
- Éducation environnementale : Elle a lancé un appel aux agences de voyage pour qu’elles cadrent mieux les touristes, déplorant les détritus laissés dans les dunes.
- Réalité économique : Elle a rappelé que le tourisme de qualité a un coût. L’investissement dans le Sud est onéreux (logistique, main-d’œuvre spécialisée pour la cuisine traditionnelle comme le merdoum), ce qui justifie les tarifs appliqués.
Chef Rim et Naima (Le volet culinaire)
La gastronomie a été présentée comme un levier touristique majeur :
- Chef Rim a mis en avant l’importance de la formation des jeunes et de la mise en valeur du couscous régional comme patrimoine national. Elle a annoncé la tenue du salon ORECA pour mettre en relation jeunes diplômés et professionnels de l’hôtellerie.
- Naima, installée à Ghardaïa, a souligné l’importance de préserver les recettes ancestrales « pur et dur ». Pour elle, le touriste doit découvrir l’identité d’une région à travers son assiette, en utilisant exclusivement des produits locaux et des épices artisanales.
Conclusion
Le débat a mis en lumière une volonté commune : faire de l’Algérie une destination saharienne d’excellence en misant sur la qualité, le respect de l’environnement et la fierté des traditions. Comme l’a résumé M. Menouar, il s’agit de « faire aimer l’Algérie aux Algériens » avant tout, pour qu’ils en deviennent les meilleurs ambassadeurs.




